La Ville écrite | que du love
4 novembre 2018


Peut-être que la ville avait fini par épuiser tous les mots, et par désespoir de cause, elle avait renoncé. Peut-être. Peut-être qu’après avoir écrit tout ce qui était essentiel, tout ce qui était impossible et féroce, elle avait lâché prise. Il ne restait qu’un pan de mur, et pas beaucoup de force. Il restait l’ennui, et la lâcheté.

Alors, la ville dépose à sa surface ce qu’il reste après tout. Et ce n’était rien, et même pas.

L’infini à la portée des caniches, avait écrit Céline. Quelque chose comme de la honte aussi, à lire.

Rien que ça, et puisque cela fait honte à la langue aussi, il fallait le dire dans une autre.

On n’avait plus rien à dire : alors on n’écrivait que ça.

Bien sûr, ce n’était que provisoire. Tout reviendrait bientôt. Quand ? Pour l’heure, il fallait se contenter de cette époque. Et même s’allier à elle, pour la renverser, et la nommer autrement qu’avec ses mots et la butée qu’ils ne cessaient d’offrir.


arnaud maïsetti - 4 novembre 2018

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