Jean-Luc Le Ténia | Tous les matins
31 janvier 2019



Ce qui est déchirant dans la douleur, c’est la part de joie qu’elle contient encore : peut-être est-ce pourquoi elle nous est si précieuse ? Dans la douleur, on se sent davantage exister : c’est le piège. Que les plus grandes joies n’effacent pas les douleurs, c’est aussi la douleur. On pose sa voix sur elle comme auprès de toi : le matin. Est-ce qu’il fera jour demain ? C’est la question posée à la joie, à la douleur, à même le sol.



Et tes lèvres embrassent les miennes ce matin
Et ta main caresse mon front ce matin
Et hier me semble tellement loin
Hier, j’avais tant de chagrin
Je voulais mourir tous les matins...

La fenetre de ma chambre restait toujours fermée
Ce matin, tu en as ouvert grand les volets
C’est le soleil qui m’a doucement réveillé
Tu me regardes : je dois rêver éveillé
Et tes lèvres embrassent les miennes ce matin

Et ta main caresse mon front ce matin
Et hier me semble tellement loin
Hier, j’avais tant de chagrin
Je voulais mourir tous les matins...

Je n’avais que ma voix pour me dire "je t’aime"
Je n’avais que mes lèvres pour m’embrasser l’épaule
Je n’avais qu’une guitare à serrer contre moi
Je n’avais que mes yeux pour me fixer des yeux
Et tes lèvres embrassent les miennes ce matin
Et ta main caresse mon front ce matin
Et hier me semble tellement loin
Hier, j’avais tant de chagrin
Je voulais mourir tous les matins...

Mais heureusement que j’ai su surnager
Heureusement que je ne me suis pas noyé
Sinon je ne t’aurai jamais rencontré
Tu n’aurais eu que mes groupes de rock à écouter
Tu les écouterais tous les matins.


arnaud maïsetti - 31 janvier 2019

Licence Creative Commons





arnaud maïsetti | carnets




par le milieu