le tremblé du vide
24 janvier 2010



Rue Thomas Man, quartier d’architectes : quartier dessiné d’abord à main levée sur de grandes tables inclinées, puis monté sur structures miniatures en bois ou en plastique, longtemps avant les premiers coups de pioches : et un peu après les derniers coup de pioches, levé du sol noir, tout un quartier prêt à l’emploi, jardins et ponts suspendus, rues larges, immeubles en acier qui le bordent.

Mais aucun commerce, que des banques dressées au-dessus comme si elles étaient là pour surveiller, et aucun café, aucune devanture d’aucune sorte.

Quand on passe, sous les bureaux, on avance d’un pas plus rapide de peur d’être aspiré jusqu’en haut des tours : vertige à l’envers. La nuit, c’est pire : la nuit, on a l’impression d’être dans un autre fuseau horaire que ces bureaux.

Mais je monte et descends la rue comme une échelle : en bas, je trouve la fermeté du monde ; en haut, le vent qui pourrait me faire tomber — j’ai vu le quartier naître, et je sais que je le verrai mourir.

arnaud maïsetti - 24 janvier 2010

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