Blackface au théâtre de la Sorbonne | Tribune des 343 racisé•e•s
28 avril 2019



Blackface, ou non ? Fin mars 2019, des militant•e•s antiracistes se mobilisent contre la représentation d’un spectacle joué dans le cadre du festival Les Dionysies. Les Danaïdes, dans Les Suppliantes d’Eschyle, sont interprétées par des femmes grimées en noir. Scandale contre scandale, une forte mobilisation s’élève pour défendre le spectacle. Tribune ouverte dans les grands journaux, prise de parole de figures importantes du théâtre, et mails circulant à tout va : il semblerait que l’unanimité règne pour condamner en retour les censeurs, sans vraiment les entendre. J’éprouve alors une gène, première et persistance, de voir avancé l’argument de la liberté de création à l’endroit même d’une contrainte sociale et politique qui s’exerce sur celles et ceux qui dans la vie l’éprouvent chaque jour : l’assignation. Le théâtre, lieu de la métamorphose, disent ceux qui reprochent aux militant•e•s leur aveuglement ? Mais il peut être aussi le lieu où on remplace les corps pour mieux les occulter, non ? C’est si ténu. Bien sûr, il paraît que le spectacle n’ait pas rigoureusement pratiqué l’art du blackface — pratique qui aux États-Unis visait explicitement à se moquer des Noirs —, mais peut-on utiliser à des fins esthétiques des mécanismes d’oppression raciste sans les mettre au moins en perspective ? Bien sûr, empêcher un spectacle n’est jamais une solution et il vaut toujours mieux que les critiques aient lieu à l’issue des représentations : mais qui est empêché, censuré, réduit au silence ? Je signe et relaie ici la tribune des 343 racisé•e•s rédigée par un collectif qui ne cherche pas à interdire des spectacles, mais tente d’alerter sur des pratiques insidieuses, et de mettre en lumière ce que révèle l’immense mouvement de solidarité dont a témoigné le monde du spectacle à l’égard d’une création où je constate ce fait : ce soir-là, au nom du théâtre et sous couvert d’art, on a maquillé en noir des femmes blanches pour jouer des Noires.


La tribune est diffusée ici :

— Médiapart
— Documentations :
— La liste des signataires sera actualisée sur ce site


LIPANDA MANIFESTO. TRIBUNE DES 343 RACISÉ·E·S

Le 25 mars 2019, suite à une pratique de blackface dans le cadre du festival Les Dionysies à la Sorbonne, des militant·e·s antiracistes ont empêché la représentation du spectacle des Suppliantes mis en scène par Philippe Brunet. Spectacle dans lequel les comédiennes à la peau blanche interprétant les Danaïdes étaient grimées en noir et portaient des masques cuivrés pour jouer le rôle du choeur d’Égyptiennes. On pourrait s’étonner qu’en 2019 il faille encore interpeller, négocier, appeler au boycott, puis protester physiquement contre ce genre de pratique. Et pourtant. Le 11 avril, à l’initiative du Théâtre du Soleil, est relayée une tribune prenant la défense de ce spectacle au nom de la « liberté de création », avec parmi ses signataires beaucoup de grands noms du spectacle vivant.

Les médias se sont formidablement illustrés ces derniers temps comme vitrine des arguments pleurnichards de réactionnaires blancs bourgeois, qui persistent à faire la sourde oreille et aller à l’encontre des revendications féministes et antiracistes, tout en faisant leur pain sur les systèmes de privilèges. On se souvient de la tribune des 100 femmes défendant la « liberté d’importuner ». Cette fois-ci, c’est à la « liberté de création » que s’accrochent misérablement les arguments de la tribune prétendument pour Eschyle.

Personne n’est libre tant que d’autres personnes sont opprimées. C’est ce dont parle Audre Lorde en 1981 dans son discours L’Utilité de la colère : les femmes répondent au racisme [1]. Liberté d’importuner, liberté de création, liberté d’expression : génération je fais ce que je veux, quand je veux, comme je veux, et personne n’a le droit de me contredire. Mais quelle est cette liberté qui s’appuie sur le dos de celle.ux qui n’en disposent pas ? On pourrait croire à une mauvaise farce tant ça devient redondant, et pourtant.

Et pourtant aujourd’hui encore, le monde de l’art et de la culture française s’assoit sur les revendications des personnes racisées.

Aujourd’hui, nous sommes outré·e·s, mais surtout fatigué·e·s. Nous n’avons pas l’énergie de vous rappeler que la censure est un outil d’Etat, et non pas le fait de quelques militant·e·s usant de leur droit à la protestation et à l’insurrection face à des représentations négrophobes et racistes.

Nous sommes épuisé·e·s de dire que la tentative d’inversion des responsabilités qui consiste à transformer l’action légitime des militants en « grave agression » est une pratique bien rodée des instances de pouvoir. Et au cas où, la militante britannique Munroe Bergdorf nous le rappelle : « Drawing attention to a social divide is not the same thing as creating one. Activists are often considered to be divisive or troublemakers by those who have become accustomed to the privileges that social divides provide them. » [2]

Aujourd’hui, nous sommes lassé·e·s de devoir constamment démonter vos hypocrisies : non, pour nous, personnes racisé·e·s, le théâtre n’est pas le « lieu de la métamorphose » pour nous, lorsque nous sommes constamment empêché·e·s de créer par les mécanismes discriminatoires et éliminatoires de ce milieu.

Oui, nos identités sont des cloîtres, lorsque, montant sur un plateau, nos corps sont des objets exotiques venant d’ailleurs. Non, nous ne pouvons pas créer librement, lorsque l’on nous dénie la possibilité d’être neutre, et que nous sommes perpétuellement et violemment renvoyé·es à la réalité de notre racisation par le système. Oui, le théâtre est « refuge des identités » : lorsque nos scènes françaises sont occupées majoritairement par des spectacles créés par des hommes blancs, avec des hommes blancs, regardés, critiqués ou acclamés par d’autres hommes blancs, on peut clairement parler de communautarisme. Une communauté qui ne se dit, ni ne se voit comme telle, et qui pourtant, monopolise nos scènes, nos récits, et verrouillent les portes à toutes celleux qui n’appartiennent pas à leur monde.

Aujourd’hui, nous sommes usé·e·s de constater que ce théâtre est celui de privilégié·es, où s’amuser à singer « l’Autre » est un loisir, tout en retirant à cet “autre” son droit légitime — si ce n’est son devoir — de s’insurger contre le spectacle de son identité tournée en mascarade. Ce même théâtre qui se proclame « intellectuel, humaniste, helléniste ». Un théâtre qui a le culot de croire, et de se faire croire, que la culture blanche bourgeoise est universelle. Qu’elle touche à ce qu’il y a de commun en chaque être humain. Mais comment n’avez-vous pas remarqué que vos salles de théâtres étaient si vides de diversité ? Se peut-il sérieusement que vous persistiez à ne pas voir que votre théâtre n’intéresse que celles et ceux à qui il ressemble, cell.eux qui y sont représentés, celle.eux qui peuvent s’y identifier ? Qui sont les citoyen·nes que vous prétendez servir ?

Aujourd’hui, nous sommes harassé·e·s de dire cela : une liberté qui se construit sur l’exercice permanent et structurel de notre silenciation, de notre domination et de notre invisibilisation, n’en est pas une. Parce qu’une liberté de création qui appuie son exercice sur la domination d’autrui est une liberté dévoyée, coupable, de mauvaise foi, et irresponsable, qui ne trompe personne sauf ses propres complices.

Aujourd’hui, votre désir absolu de ne pas être remis en question et votre impunité nous sont insupportables.

Et enfin, aujourd’hui, nous ne réexpliquerons pas pourquoi le blackface est, et sera toujours, un acte éminemment raciste : cela a déjà été fait, et vous avez choisi de ne pas écouter.

Pourtant nous devons réagir.

Car vous,
qui prônez un théâtre populaire,
qui cherchez désespérément à amener de la « diversité » dans vos théâtres subventionnés,
que le pouvoir et la parole ont affalés dans vos positions mortifères,
qui pensez pouvoir écrire impunément nos propres récits,
vous ne nous laissez pas le choix.

Mais nous,
Nous les indigné·es,
Nous les offensé·es,
Nous les terroristes,
Nous les mal-baisées,
Nous les hystériques,
Nous les obsédé·es,
Nous les résistant·es,
Nous les “fascisant·es”,
Nous les petits noms,
Nous les sans-pouvoir,
Nous les étudiant·es,
Nous les déviant·es,
Nous les défiant·es,
Nous les damné·es de la terre,

Nous les racisé·es, debout avec nos allié·es,

Aujourd’hui, dimanche 28 avril, nous refusons de nous laisser marcher dessus. Nous affirmons notre liberté et notre indépendance de pensée et de création, et déclarons par la présente la mort de votre monde raciste et colonialiste.

Cher·es signataires de la tribune “Pour Eschyle”, bonjour à tous·tes. Dans votre monde en décrépitude, nous n’existerions pas : il faudrait alors nous singer, nous grimer, nous imiter ? Bien le bonjour ! NOUS EXISTONS, dans votre monde et ailleurs, et nous sommes là pour DIRE NON.

Nous ne nous tairons pas. Il est temps pour vous de vous taire. Il est temps pour nous de parler.

Nous ne sommes pas vos nègre·sses de maison. Nous ne nous assimilerons pas.

Nous ne vous laisserons pas raconter notre monde, ni dicter nos lois.

Nous vous reprendrons l’histoire que vous avez écrite à notre place, la réécrivant à notre tour.

Nous résisterons, écrirons, penserons, jouerons, mettrons en scène, peindrons, et comme dit Gontran-Damas,

« nous les peu
nous les gueux
nous les riens
nous les chiens
nous les maigres
nous les nègres

qu’attendons-nous ?
qu’attendons-nous
pour jouer aux fous
pisser un coup
tout à l’envi
contre la vie
stupide et bête
qui nous est faite ? »

Nous n’attendrons plus. Nous sommes debout, et nous visibiliserons, acclamerons, célèbrerons, critiquerons, déconstruirons, reconstruirons. Car nous ne sommes pas vos enfants. Nous sommes là pour la véritable transformation de ce système classiste, raciste, sexiste, transphobe et validiste. Et ceci est un acte de création.

Face au mépris de celleux qui nous crachent dessus sans scrupules, nous appelons toutes les personnes racisé.es et toutes les personnes allié·es de la cause antiraciste à signer cette tribune.


Signataires :

— Fatem-Zahra Abid, étudiante en relations internationales, militante féministe décoloniale
— Aminata Abdoulaye Hama, comédienne
— Gia Abrassart, journaliste décoloniale, Café Congo
— Priscilla Adade, actrice, productrice et féministe
— Fabien Aïssa-Busetta, comédien et metteur en scène
— Adèle Aïssi-Guyon, étudiante en littérature postcoloniale à l’École Normale Supérieure (ENS) de Lyon
— Alex Allaire, cuisinière
— Jason Allen-Paisant, chercheur postdoctoral, Université de Leeds, Royaume-Uni
— Jean-Malik Amara, étudiant au Conservatoire d’art dramatique de Lyon
— Juliette Armantier, étudiante en cinéma-audiovisuel, Sorbonne nouvelle Paris 3
— Martha AsunciónAlonso,poète, docteure en littératures francophones, traductrice et militante féministe
— Louis Autin,ATER de latin et doctorant en Lettres classiques à l’Université Grenoble Alpes.
— Ari De B, danseuse militante
— Loubna B, réalisatrice de podcasts
— Sidi B, artiste performiste, graphiste et antiraciste
— Maïna Ba, étudiante de l’Institut national des langues et des civilisations orientales (Inalco)
— Paola Bacchetta, professeure, University of California, Berkeley
— Marine Bachelot-Nguyen, autrice et metteuse en scène
— Marouane Bakhti, étudiant en Design
— Naïan Baron, étudiant en architecture et co-président de l’association Marsha
— Marie Barriol, danseuse
— Gabin Bastard,élève au Conservatoire d’art dramatique de Lyon
— Chloé Bégou, metteuse en scène, comédienne
— Charly Bellanger, étudiant concepteur costume à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art et Techniques du Théâtre (ENSATT)
— Renda Belmallem, étudiante à l’EHESS, membre de la Fracas·se, militante écologiste féministe décoloniale
— Ruth Noemi Bendel, étudiante en journalisme et militante afroféministe
— Doum Belarbi
— Mara Berg, militante féministe, étudiante en sociologie
— Mélissa Bertrand, doctorante en théâtre, jeune autrice-metteuse en scène
— Adèle Beuchot-Costet, étudiante en master théâtre à Nanterre
— Béatrice Bienville, autrice
— Oana Bonnaud-Cartillier, étudiante en Master à l’école du Louvre
— Pascale Bongiovanni, concepteur lumière, régisseuse général
— Lila Boses, étudiante en arts du spectacle et militante féministe.
— Amine Boudelaa, élève-comédien du Théâtre National de Strasbourg
— Élodie Boutitie, étudiante à Sciences Po Lille
— Sonia Boutitie, étudiante à Sciences Po Bordeaux
— O. Boulanouar,personne militante concernée par de multiples discriminations
— Lisa Bouvy, étudiante en Arts du spectacle à l’Université Paris VIII, militante féministe
— Alice Braye, gestionnaire culturelle
— Marouane Bakhti, étudiant en Design
— Fanny Brûlé-Kopp, étudiante au Conservatoire Royal de Mons
— Lili Buvat, danseuse performeuse et étudiante en master Danse à Paris 8
— Casey, rappeuse
— Sibylle Cabello, éclairagiste
— Marcos Caramés-Blanco, étudiant du département écrivain·e dramaturge de l’ENSATT
— Clémentine Carlion, étudiante à Sciences Po Grenoble
— Amandine Cartaud, étudiante en arts de la scène à l’Université Vincennes-Saint Denis-Paris 8O
— Leïla Cassar, étudiante dans le département écrivain·e dramaturge de l’ENSATT
— Léa Castera, étudiante à Sciences Po Bordeaux
— Léonie Casthel, écrivaine de théâtre
— Fély Catan, étudiant
— Astrid Chabrat-Kajdan, doctorante en études théâtrales à l’Université Lyon 2
— Sylvie Chalaye, anthropologue des représentations coloniales et historienne du spectacle. Directrice du laboratoire « Scènes francophones et écritures de l’altérité »/ Sorbonne Nouvelle
— Marie-Julie Chalu, comédienne et autrice
— Camille Charrière, comédien
— Cécile Cayrel
— Ronan Chéneau, auteur
— Sophie Claret, comédienne étudiante à l’ERACM
— Julie Clugéry
— Guillaume Cingal, maître de conférences en Littératures et traduction anglophones / Afrique & postcolonialités Université de Tours
— Solène Cizeron, comédienne
— Matthias Claeys, auteur et metteur en scène
— Bérénice Cloteaux-Foucault, rédactrice en cheffe adjointe de Manifesto
— Elise Cochet, étudiante à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)
— Annabelle Colas, administratrice culturelle spécialisée spectacle vivant
— Mia Collins, étudiante à la Cinéfabrique
— Arthur Colombet, comédien
— Maud Cosset-Chéneau, comédienne
— Nathalie Coutelet, Université Paris 8
— Antonio Cuenca Ruiz, dramaturge
— Jérémy Da Costa, traducteur indépendant queer
— Marilou Craft, autrice et dramaturge, Montréal
— Guillemette Crémèse, étudiante
— Gerty Dambury, autrice et metteure en scène, Guadeloupe
— Sorour Darabi, chorégraphe-danseur
— Alexia Dedieu, doctorante en Lettres classiques sur la réception du théâtre antique, université Grenoble Alpes
— Marthe Degaille, étudiante au Conservatoire Royal de Liège (ESACT) et autrice
— Emilie Denaud, étudiante en philosophie
— Lucie Demange, étudiante à la Cinéfabrique
— Lisa Derlin, étudiante en sciences de l’éducation et éducation spécialisée à l’université Toulouse Jean Jaurès
— Rhodnie Désir, chorégraphe, directrice artistique de RD Créations (Canada), productrice exécutive du BOW’TTRAIL (projet numérique qui valorise les mouvements de résistance des communautés afrodescendantes dans les Amériques)
— Marie Devroux, comédienne, metteuse en scène
— Nino Djerbir, comédien
— Paul Didge, étudiant en recherche théâtrale et chercheur en ethnologie
— Salomé Diénis Meulien, comédienne issue du Conservatoire National -Supérieur d’Art Dramatique de Paris (CNSAD)
— Flora Diguet, actrice et metteuse en scène
— Penda Diouf, autrice, co-fondatrice de Jeunes textes en liberté
— Idris Ditto
— Dhouda Djerbi, étudiante à American University of Paris
— Guillaume Douat, étudiant du Conservatoire d’art dramatique de Lyon
— Eva Doumbia, metteuse en scène et autrice
— Rodolphe Doublet
— Raphaëlle Doyon, Maîtresse de conférences, Département Théâtre, Université Paris VIII
— Annia Drawing, artiste peintresse afroféministe
— Thomas Ducurdoy, comédien
— Justine Dumazert, étudiante en lettres
— Juliette Duval, étudiante
— Léa Duval, étudiante
— Gilla Ebelle
— Betthy Ebengou, infirmière
— Vinciane Ebengou, étudiant·e du Conservatoire d’art dramatique de Lyon, autrice, militante afroféministe
— Sacha El, étudiant·e en études politiques
— Jaonasy Eloicka, étudiante-entrepreneure BTP
— Véronique Essaka-De Kerpel, autrice, metteure en scène, comédienne
— Lou Eve, étudiante à Science po Lyon et à l’ens de Lyon
— Ilonah Fagotin, étudiante en études théâtrales, metteuse en scène et musicienne
— Mélodie Faury, chercheuse en sciences-société / sciences de l’information et de la communication – Université Strasbourg
— Lucas Faulong, étudiant comédien à la Manufacture de Lausanne
— Eddy Firmin, artiste plasticien
— Cécilia Galléa, comédienne
— Héloïse Gaubert, étudiante du Conservatoire d’art dramatique de Lyon département théâtre
— Amandine Gay, réalisatrice
— Léna Génin, comédienne
— Olivia “Ubika” Gerstman Hardy, activiste, poète et musicienne
— Nangaline Gomis, danseuse
— Aly Gouchène, producteur, régisseur du son, militant queer decolonial
— Inès Gouchène, violoniste
— Audrey Gourjon,salariée consultante en innovation
— Annette Gravier, étudiante à Science Po Bordeaux et à l’ENS de Lyon
— Mikaël Gravier, élève de l’École supérieure d’art dramatique de Paris (ESAD)
— Clara Greth, étudiante en théâtre
— Lucie Grunstein, comédienne
— Line Guellati,comédienne et metteuse en scène, Bruxelles
— Mohamed Guellati, comédien, metteur en scène, auteur
— Nacira Guénif, descendante d’indigènes, professeure à l’université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis, vice-présidente de l’institut des Cultures d’Islam
Flávia Hiroki, comédienne, étudiante en recherche théâtrale à l’université Paris 8
— Marco Hollinger, étudiant régisseur au Théâtre National de Strasbourg
— Alistair Houdayer, comédien et auteur
— Hélène Jacquel, autrice et étudiante à l’ENSATT
— Yaël Jestin, mec trans féministe, activiste queer
— Clara Jolfre, comédienne et metteuse en scène
— Elisa Joualland, étudiante en Arts du Spectacle, Université Lyon 2
— Jean Joudé, acteur et metteur en scène
— Pablo Jupin, comédien
— Lola Kinks, étudiante, performeuse vidéaste
— Afi Kodjobi Tchoukpa, peintre illustratrice
— Prescillia Kouame Amany, comédienne
— Sacha Kratz, model agent
— Koffi Kwahulé, écrivain
— Chloé Laabab, élève-comédienne à l’école de la Comédie de Saint-Etienne
— Zoé Labarrère, étudiante à Sciences Po Bordeaux
— Aminata Labor, artiste et performeuse
— Guillaume Lambert, auteur-metteur en scène
— Sophie Marie Larrouy, comédienne
— Mélissa Laveaux,auteure-compositrice-interprète, guitariste, conteuse
— Jalil Leclaire, comédien, metteur en scène, membre de l’association Décoloniser les arts
— Lucie Leclerc, comédienne et metteurE en scène
— Kaen Lee, étudiant en ingénierie et production sonore, militant décolonial
— Tamara Lipszyc, comédienne étudiante à l’ERACM
— Marlène Lokosha, militante afroféministe
Po B. K. Lomami, travailleur·se culturel·le, artiste et activiste à Montréal (CA) et Mons (BE)
— Olivia Mabounga,comédienne élève à l’ESAD
— Fabien Magry, comédien
— Arnaud Maïsetti, auteur, dramaturge, maître de conférences en arts de la scène Aix-Marseille Université
— Noémie Makota, comédienne
— Marie-Dolores Malpel, conseillère pédagogique théâtre du CRD de pantin et de la classe prépa’93 égalité des chances
— Anaïs Malvezin, étudiante en école d’art
— Romain Mas, comédien
— Arnaud Mathey, comédien
— Martine Maximin,comédienne
— Hicham Mazouz, professeur invité, Emory university (USA)
— Ira Menin, musicienne, compositrice, technicienne studio
— Coline Merlo-Blanc, critique
— Nathyfa Michel, photographe
— Ulrica Mons
— Olga Mouak, comédienne
— Marina Monmirel, comédienne et militante décoloniale
— Mara Montanaro, chercheuse associée LEGS/CNRS/UMR 8238 – Université Paris 8 (Département d’études de genre), chargé de cours en Philosophie, Université Paris 8 et Université Paris Descartes
— Yves Mintoogue, Doctorant en science politique, université Paris 1
Galla Naccache-Gauthier, étudiante au Conservatoire d’art dramatique de Lyon
— Charbel Nader
— Estel N’Khaly, étudiante en littérature et sociologie à l’ENS, militante féministe aux Salopettes et écologiste
— Jade Norindr, étudiante en histoire de l’art à l’Université Paris-Nanterre
— Romain Nicolas, écrivain pour le théâtre
— Gaïa Oliarj-Inès, étudiante au Conservatoire d’art dramatique de Lyon
— Sophie Paladines, comédienne
— Blandine Pélissier, metteuse en scène, traductrice
— Romane Périssé, étudiante en histoire à Paris 1
— Sophie Peroy-Gay, étudiante en sociologie et études de genre àl’EHESS
— Eve Marie Perrin, étudiante en médecine à Lausanne
— Anaïs Pinay, étudiante en recherche théâtrale, comédienne, militante afroféministe
— Lucas Plisson
— Maroussia Pourpoint, comédienne et metteure en scène
— Cerise Praxy, administratrice de production
— Estelle Prudent, artiste queer racisée
— Lorie-Joy Ramanaïdou, étudiante à l’ESACT, comédienne, militante décoloniale
— Pauline Raineri, chorégraphe et danseuse
— Anna Raisson, comédienne, metteuse en scène et militante
— Julien Ribeiro, curateur et directeur de Gemini’s Tears, Laboratoire Corps & Médias
— Anna Rinzo, étudiante et costumière
— Quentin Rioual, doctorant en études théâtrales à Paris Nanterre
— Joyce Rivière, écrivaine
— Raoul Riva, danseur contemporain
— Marina Rollman, Humoriste
— Mrs Roots, blogueuse et auteure afroféministe
— Julie Rossello Rochet, autrice dramatique, doctorante
— Adeline Rosenstein, metteuse en scène
— Pauline Rousseau, doctorante à l’université Lyon 2, co-metteuse en scène de la Cie Waninga et de L’Inverso-Collectif
— Fyrial Rousselbin, danseuse contemporaine racisée
— Laurie Rousseville, doctorante en études théâtrales, Université Lyon 2
— Corentin Rostollan-Sinet, dramaturge, doctorant·e en études théâtrales
— Inyange Rurangwa, comédienne en devenir en provenance du Rwanda, coincée en Belgique
— Louise Rustan, étudiante conceptrice lumière à l’ENSATT
— Marie-Claude Saint-Laurent, comédienne, autrice et codirectrice du Théâtre de l’Affamée, Montréal
— Alpha Saliou Diallo, rédacteur
— Joelle Sambi Nzeba, autrice, poétesse et slameuse
— Lucas Samouth
— Maria Scherf, spectatrice
— Mathilde Segonds, étudiante dans le département écrivain·e dramaturge de l’ENSATT
— Camille Seitz, étudiante-comédienne à l’ENSATT
— Frederico Semedo, comédien
— Monica Shungu, étudiant·e en arts du spectacle, militant·e afroféministe
— Emmanuelle Sirois, Research Affiliate, New York University
— Jan Siutkowski, élève au Conservatoire Royal de Liège
— Maboula Soumahoro, maîtresse de conférences, présidente Black History Month
— Olivia Stainier,comédienne, étudiante à l’ESACT
— Cynthia Saint-Fleur, actrice, scénariste, réalisatrice, metteur en scène, militante, référence de la commission diversité de l’Actrices et Acteurs de France Associés (AAFA)
— Laura de Salas, médecin généraliste, co-présidente de l’association Marsha
— Marlène Sambugaro,médiatrice culturelle, Rennes
— Ayden Savarimouttou, écrivain, artiste trans racisé
— Délima Sogny,étudiante en arts de la scène à l’Université Paris 8
— Maboula Soumahoro, maîtresse de conférences, présidente Black History Month
— Dinaïg Stall, professeure à l’École Supérieure de Théâtre (Université du Québec À Montréal)
— Souleymane Sylla, comédien
— Tony Tan, artiste queer racisé
— Aristide Tarnagda, auteur, dramaturge, comédien
— Mahaut Taudière, étudiante à Paris 8, secteur arts vivants
— Stella Tiendrebeogo, Psychologue
— Louis-Georges Tin, président d’honneur du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN)
— Hugo Titem-Delaveau, étudiant au Conservatoire d’art dramatique de Lyon
— Anna Tjé, artiste, doctorante en études théâtrales, militante
— Emma Tomek,étudiante aux beaux-arts de Valence
— Ghyslain Vedeux, président du CRAN
— Françoise Vergès, politologue, auteure, militante féministe antiraciste
— Garance Valet, étudiante à L’ESACT et metteuse en scène
— Doris Varichon, étudiante-chercheuse à Lyon 2 en histoire des femmes et du genre
— Malou Vigier, metteuse en scène et comédienne
— Chloé Vos, costumière
— Sylvain Wavrant, artiste
— Waka, fondatrice de Baham Arts
— Melissa Windal
— Lorraine Wiss, doctorante en études théâtrales à l’Université Lyon 2
— Pé-Seng Yang, artiste, étudiant aux Beaux Arts de Paris
— Yolande Yanganju, danseuse
— Norah Zrika, étudiante en théâtre au Conservatoire Royal de Mons

COLLECTIFS/ PLATEFORME/MEDIAS :

Atayé,plateforme et revue littéraire et artistique à contre-courant
Collectif Afro-Swissde Genève
Amnghi, collectif d’entraide queer franco-marocain
Association des étudiant·e·s afro-descendant·e·s de l’unil-epfl, Suisse
Collectif l’AntiAutruche, collectif féministe de l’ENSATT
Bon Chic Bon Genre, association féministe et LGBT+ de Sciences Po Lille
CAD, Collectif Asiatique Décolonial
Collectif Le Chalet, Collectif queer et décolonial
Projets Hybris, collectif de création queer et féministe, Montréal
CRAAP, Collectif de Réflexions, Analyses et Actions Postcoloniales
Collectif Des Raciné·e·s, collectif féministe, queer et décolonial
Fracas·se, collectif féministe de l’EHESS
Collectif Hippoqueer, collectif LGBTI+ de Sciences Po Lyon
Collectif Khamsa, collectif féministe nord-africain
Association Décoloniser les Arts
Association Makeda Saba, association pour la valorisation des femmes et de l’enfant africain.e.s
Rédaction de Manifesto XXI
NDATE collective,collectif décolonial afroféministe, Paris VIII
La Nouvelle Voie Anticoloniale, collecif antiraciste
— Collectif Pamplemousse, collectif féministe de Sciences Po Lyon
— Personæ of Color, collectif AfroQueer et décolonial
— La Poudre, podcast de Nouvelles Écoutes
— Les Salopettes, collectif féministe de l’ENS
— Les Sales Races, collectif décolonial, féministe et antiraciste
— Sawtche– collectif afroféministe
— Support Your Local Girl Gang, collectif féminin non-binaire, queer, pluri & transdisciplinaire


L’appel à signature est toujours ouvert sur 343racise.e.s@protomail.com

Cette tribune est écrite en réponse à cela.

arnaud maïsetti - 28 avril 2019

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arnaud maïsetti | carnets




[1“No woman is free while any woman is unfree.”, dans son discours “The Uses of Anger : Women Responding to Racism”, prononcé en 1981 à la National Women’s Studies Association Conference, Storrs, Connecticut.

[2** : “Attirer l’attention à une division sociale n’est pas en créer une. Les activistes sont souvent considéré·es comme divisant ou des semant le trouble par celleux qui se sont habitué·es aux privilèges que les divisions sociales leur permet.”

par le milieu

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