tension objective
15 juin 2009



De loin, je dirais que c’est le sol qui fume : de la terre froide dans l’air chaud ; la terre chaude transpirant dans l’air froid fumant plus que de raison le printemps de novembre (ces jours) : un feu de camp éteint par la pluie. Et dans le jour levé de bonne heure, et comme après de grands efforts, je passe devant ces minuscules tentes de verre alignées comme des platanes le long des routes - des serres dans lesquels poussent à la même vitesse, le même fruit, à la même date, pour un même goût. Et je finis, comme par réflexe, habitude quand je suis là, au passage et à la dérobée, l’appareil tenu à bout de bras et sans regarder vraiment, par prendre une image de la grande centrale nucléaire de Chinon ; chaque année depuis trois ans, une image qui signe le temps, les dépôts invisibles qu’on y porte : journal du temps qui n’est pas le mien - traversée objective, tension et travail objectif du monde qui se livre, toujours identique à lui-même ; et dans le changement infime de la lumière, tout ce qui bascule en moi.

arnaud maïsetti - 15 juin 2009

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