les animaux qui sont sur terre
9 décembre 2012



il ne restait que de la nuit, de la nuit tous les jours avec cette lumière parfois qui nous ferait croire au jour mais non — moi je savais bien que ce n’était que pour faire semblant, semblant cette lumière blanche, et semblant aussi le bleu dans le ciel, non, moi je savais bien ; je regardais du côté des bois où sont les animaux et leurs fatigues, et je ne voyais rien que de la nuit, il n’y avait pas de bois, seulement le mur de ma chambre, oh le froid au dehors, je regardais du côté des bois, partout la nuit était partout, la nuit qui était venue durait encore, tous les jours, j’avais encore en moi le cri des chiens et en moi la fatigue, la fatigue qui durait aussi, alors je savais, puisque cette fatigue en moi durait, que les animaux reviendraient, avec le jour quand la nuit avec sa nuit s’en irait, je l’avais lu quelque part, et sur les mots que j’avais lus quelque chose comme mon ombre s’y était déposée, alors il suffisait d’attendre, d’endurer, et de survivre à ma fatigue et aux cris morts des chiens,


arnaud maïsetti - 9 décembre 2012

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