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JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)
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Ceci aussi : je suis persuadé qu’il faut écrire en dessous de sa puissance.
Ne pas chercher sa pensée en écrivant.
Penser d’abord sans doute… Écrire beaucoup plus tard ensuite.
Laisser rouler du haut de la montagne.
Et, en somme, d’abord, moins encore avoir pensé qu’avoir été.
Francis Ponge, « Pages bis » (VI), Proèmes (1943)
Le monde atteint sa perfection quand il pose sur son visage atroce un masque ridicule qui le rend plus haïssable encore — qu’en le regardant dans les yeux, on est embarrassé, et l’on aimerait simplement, poliment, passer à autre chose enfin. Alors on échange quelques banalités, on pense déjà à la meilleure manière de prendre congé : il ne faudrait pas en plus humilier. Sauf que ses manières, brutales et arrogantes, piquent : on est couvert de honte d’être mêlé à cela. On regarde autour de soi, espérant que personne ne passera qui redoublerait la honte. Le monde continue, vitupère, hurle, se donne en spectacle. On regarde sa montre, on se surprend soi-même à devenir brutal et à hausser la voix, à dire des choses aussi ridicules que « cela suffit ». Vraiment, on voudrait seulement ne pas trop tarder, éviter les heures de pointe dans le métro, garder des forces pour ce qui importe : la page à écrire ce soir. Oui, déjà on s’échappe de la conversation, rêve ntérieurement à la manière de composer à partir de cette scène navrante le plus beau théâtre jamais écrit.
Je n’ose fermer à clé le placard qui ferme mal : les chaussures, là, si elles se trouvaient enfermées, comment sortir ? Les rois ne touchaient pas aux portes — curieuses superstitions — ni aux armoires. Je ne sais pourquoi (je ne suis pas roi, et suis peut-être ce qui s’écarte le plus d’un roi). Alors je regarde, en frère, les portes et les armoires qui ferment mal et prends déjà mon parti d’aller, un jour prochain, pieds nus par la ville.
Trois heures cet après-midi sur quelques pages ouvertes en désordre à savoir si un tel livre peut tenir là : je souffle sur les pages, il ne tient pas, pas encore peut-être, ou jamais. Je souffle encore davantage : certains mots seuls s’arriment — les mots de cadavre, celui de dieu bien sûr, l’image d’un crucifix qui balance dans le vent et qu’à toute force une foule voudrait faire tomber.
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Dans la chambre de ton esprit, croyant te faire des serviteurs,
c’est toi probablement qui de plus en plus te fais serviteur.
De qui ? De quoi ? Eh bien, cherche. Cherche.
Henri Michaux, Poteaux d’angle (1981)
Vingt-sept jours plus tard, et puis rien. On construit des tours avec des mots, empile les promesses comme autant de briques creuses, croit bâtir ce qu’on lève qui organise l’effondrement. Les réunions se succèdent dans ces salles aux lambris dorés, ça parle de stratégie et de responsabilité, de plateforme d’action : on insulte le langage avec les mêmes façons qu’on crache sur nous autres. La main qui croit saisir ne tient que du vent et le vent s’échappe. Quelqu’un dit ne plus comprendre, on parle d’acharnement. À quoi ? À tenir debout le vent ? Dans les coulisses, ceux là qui attendent, ont pour eux la patience. Quand la tour vacille, que les langues se confondent, il y a ceux qui se tiennent prêts à ramasser les décombres et bâtir sur les ruines un ordre de fer. Serviteurs croient servir l’ordre, et ne sont esclaves que de ceux qui se nourrissent du chaos, forces brunes tapies guettent l’heure.
La brutalité garde les portes, la violence les fait voler — seule la seconde fait lever le jour.
Ce soir, dans le ciel de Marseille des colonnes de fumée et de cendre montent depuis les collines, lentes, épaisses, et s’effacent dans le bleu qui les avale. Elles portent tous les morts de la veille, et ceux du lendemain, ceux dont les noms brûlent dans l’air sans qu’on les nomme. Les cendres ne savent pas d’où elles viennent, ni vers où elles vont : jusqu’à nous. Elles montent, et c’est tout ce qu’elles savent faire — montent vers un ciel qui ne les attend pas, ni ne les recueille, les laisse se perdre dans le vide qui est leur seul abri, mémoire de ce qui brûle toujours.
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Pour qui les Matins sont synonymes de Nuits,
Que doivent-être — les Minuits !
Emily Dickinson, Poèmes brefs (63) [1864-1865]
Chercher au fond de soi le milieu de nulle part comme si on roulait un jeudi soir sous la pluie fine dans un sous-bois, dans le bruit battu d’essuie-glaces agonisants, les phares qui ne percent qu’à peine le rideau glacé d’eau, — que la route est étroite et qu’on prie qu’un autre ne vienne en face, que la mince brume monte du ruisseau tout près, qu’il n’y a bientôt plus d’essence, qu’il n’y aura bientôt plus d’essence, que la nuit tombe comme un cadavre, que la radio ne capte qu’un grésillement lointain, que les lignes blanches s’effacent dans le noir, et qu’enfin , soudain, une bête traverse et qu’il est trop tard pour freiner, qu’on va percuter sans avoir même le temps de crier.
Dans un monde fondé sur le mythe, comprendre c’est déjà trahir — il suffit du geste d’écarter, lentement, comme des persiennes ajourées, tout ce sur quoi le monde repose, et d’aller plus avant.
Le soleil fait le mort, et il le fait si bien, qu’on le sait complice de tout ce qu’il éclaire.
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Je vis parmi des oiseaux coupés de leur bec. Les oiseaux sont entourés de chiens et les chiens de forçats. Quelque fois, au matin, on voit les barreaux. Mais toujours, à tout heure, des mains tendues ou crispées. Le chien s’écorche aux rires de la mort et l’oiseau à l’heureux temps des guillotine. J’écris, dans le sang, sous leur dictée.
Edmond Jabès, « Le sel noir » (‘Au coeur de la vue’), Le Seuil (1943-1951)
La lumière peine à franchir la fenêtre, septembre retient déjà ses forces. Dans la chambre, l’oud d’Anouar Brahem baigne lentement ce qui m’entoure, la poussière et ses ombres, la patience et la solitude, le travail qui défile sur l’écran – lire, toute la journée, prendre des forces, chercher les passages secrets, arracher les mots où ils se cachent. Le travail sans écrire : organiser la pensée comme le pessimisme porte même exigence, même tension dans les corps caverneux du silence, même colère froide, qui prend forme dans le désœuvrement. Les heures s’accumulent comme des couches de silence couvertes et recouvertes de vacarmes intérieurs.
Sous la dictée des oiseaux mutilés, des chiens enchaînés : de quoi d’autres aujourd’hui ? Écrire dans le sang de qui, de quoi ? Celui du jour s’écoule sans trace, ces heures perdues à l’organisation du temps. Barreaux qu’on voit au matin — peut-être ceux de la fenêtre qui filtre la lumière avare des avant-gardes de l’automne, ou ceux plus intérieurs qui séparent le travail de l’écriture, la préparation de l’acte. Le nom de Gaza dans cette lumière là.
Le oud continue. Brahem ne dicte rien, il accompagne cette vie comme on accompagne les morts en emportant leur souvenir qui peindra la surface du monde.
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« Simplicités des lunes anciennes, vous êtes de savants mystères pour nos yeux injectés de lieux communs. »
André Breton & Philippe Soupault, « Éclipses », Les Champs magnétiques (1919)
Les hauteurs de San Blas quand on plonge le regard vers la Plaza de Armas qu’on ne fait que deviner, ou dans l’Albaicín en cherchant l’Alhambra tout près invisible le soir, ou qu’on contourne le Thống Nhất Park sous la pluie qui dissout Hanoï sans rien effacer de sa plainte, ou celle des dunes de Mazurga en lisière du village chleuh Ait Atta perdu dans le noir — un dimanche soir comme celui-ci, qu’en reste-t-il, en dehors des pensées aussi perdues qu’un chien dans Campagne Pastré que son maître appelle en vain depuis trois jours chaque soir ? Je ne sais pas, alors je pense aux hauteurs de Graça et à la vue qu’elle donne sur le Tage, à l’angle que fait Christopher Street quand elle vient heurter West Street vers le pier 45, à la couleur de l’eau devant Penetanguishene ou sur la baie du Tonnerre, à tous ces hurlements de coyote dans les forêts intérieures qui manquent à cette vie.
J’achète le journal : sur chaque page, le dégoût qui prend la forme de la honte, lentement, d’être mêlé à ça, de près ou de loin, quoi qu’on fasse.
Le tronc échoué face à la mer semblait tendre encore tout son être vers le large, d’où il venait, où il désirait retourner : j’allais dire : rentrer — la mer est le cimetière de la jungle, et la rumeur des vagues leurs prières : l’écume, la sève quand elle est pleurée.
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« L’hiver où, ma sœur partie, il me sembla qu’un grand nombre de feux avaient été allumés où l’on brûlait sans fin et les morts et les vêtements des morts.
« Et, si ç’avait été de la folie, je l’aurais reconnue dans les yeux des morts ; mais ce n’était pas de la folie, c’était bien les morts que l’on brûlait — et qui éclairaient la nuit — et qui me jetaient sur le visage toute cette lumière. »Éric Vuillard, « Printemps », Tohu (2005)
« On sait à peu près ce qu’il faudrait détruire de ce monde pour le rendre vivable » — sans bien savoir comment. Peut-être une ruade, ou seulement fermer les yeux, cela suffirait : ça ne suffit pas. Par exemple les routes. On sait bien qu’il faudrait placer les trottoirs au milieu. Ou la ville : qu’il faudrait d’autres formes dans le cœur. Le bruit que fait la pluie sur le sol est le même qu’on entendait au paléolithique inférieur, mais elle est recouverte par tant de siècles. Pour rendre vivable cette vie, c’est peut-être cela qu’il faudrait : apprendre à compter autrement qu’en ajouts, mesurer le temps en battements, et découvrir que la lenteur n’est pas l’opposé de la vitesse mais son secret.
Le ciel bleu après l’orage : plus cruel encore, plus indifférent à la mort, ou plus semblable à elle que la mort elle-même.
Duras faisait son lit avant d’écrire, et j’essaie de me souvenir ce que nous disait alors FM quand il évoquait cela (plusieurs fois, au cours du semestre, cette image lui revenait, motif récurrent dans ses cours qu’il menait comme un solo de jazz, improvisation libre, et cette image comme d’autres lui servaient d’accords de passage, points d’appui pour ses variations — chaque séance, un chorus différent sur les mêmes grilles harmoniques), je ne sais plus, peut-être : « comme si on n’allait plus retrouver son corps », mais ce n’était pas cela.
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Les yeux sont entourés des restes d’une espèce de larme.
Pascal Quignard, Petits Traités I, 1977
Le soleil tombe comme si c’était de la pluie : par hasard et quand il heurte le sol, c’est trop tard. Dimanche heurte la surface des pensées sans les entamer, en profondeur passe des formes trop vagues pour qu’on puisse les saisir, aveugles et sourdes, dérivant à même la vase sans jamais rejoindre quoi que ce soit, bientôt avaler par un monstre sans nom. D’immenses épaves deviennent des coquillages. Le bruit qu’il fait ici n’a pas d’importance. Les larmes salées se confondent avec le monde ; elles font sur les plaies des douleurs qu’on ne peut pas dire, sauf dans les rêves, quand on est seul.
La capacité d’acceptation de l’image : infinie. On les reçoit comme si c’était de la lumière et qu’on était un arbre : on est un arbre, et la lumière tombe aussi, plus féroce que la pluie, plus lente que l’eau, et on regarde alors : le monde qui se fabrique ainsi image après image, hurlant.
À quoi bon de nouvelles lois qui décrivent comment les corps tombent, si seules importent les lois qui prescrivent comment tomber à genoux : les mots de Brecht, ce jour-là, tombèrent encore plus lourdement que la pluie, que dimanche et ses larmes, que la lumière et la nuit ensemble.
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Ne suis-je la beauté
Que parce que je flatte votre rêve ?
Je suis tapie, effrayée, je suis prête
A me jeter en avant, à griffer,
Ou à faire la morte si je sens
Que ma cause est perdue dans vos regards.
Demandez-moi d’être plus que le monde.
Yves Bonnefoy, L’Heure présente (2001)
Que la violence n’est pas extérieure à la civilisation, mais son origine cachée : n’importe quel livre de n’importe quelle partie du monde, à n’importe quel moment de son trajet dans le temps le hurle dans les phrases les plus définitives ; il faut croire qu’on est sourd, ou que face au cri, on prenne peur, qu’on se soit trop longtemps réfugié sous les porches des églises et des préfectures, criant plus fort pour réclamer de l’aide, et voilà qu’elle arrive, armée de pied en cap, levant le bâton, visière baissée. Mais bien sûr qu’on le voit, la vérité nue comme un visage : l’origine mal cachée de la civilisation est aussi celle qui lui permet d’organiser l’humiliation le plus sereinement du monde. Et puis, non : à intervalles réguliers, la violence est désignée comme telle : l’origine de l’ordre et sa force d’organisation permanente du réel. Soit Marseille un jeudi matin ensoleillé ; rien à demander, rien à négocier, seulement aller, d’un bord du vieux port à l’autre, marcher sa peine et la honte d’observer les représentants représenter, et recevoir la police casquée pour solde de tout compte.
Notes éparses sur l’image et les régimes de vérité qu’elle compose, distribue, ou défait. — L’image est une trame composée d’un tissage d’images elles-mêmes minuscules, pixels assemblés qui sont invisibles chacune, et qui toutes ensemble la forment : chaque image est la monade de toute image, cette invisibilité des parties qui lève la visibilité d’un tout. Prendre une image, ce n’est pas la représenter, c’est choisir quelle couleur on dépose en premier, quelle autre, ensuite. Non, l’image ne décrit pas le monde, elle le constitue. Ce que veulent les images : seules elles le savent. L’image est muette parce qu’elle refuse de prendre la parole, pour mieux la donner à qui se jettera sur elle. À force de redoubler la présence du monde, l’image est devenue première : c’est le monde qui est devenu une image parmi d’autres de toute image. Définition d’un être humain : un vivant qui regarde des images. Œuvre d’art : une caméra filme en gros plan le visage d’un Bouddha. L’image captée est diffusée en direct sur un écran de télévision placé face à lui. On voit ainsi le Bouddha regarder la télévision, qui montre son propre visage en train de regarder. L’image est moins suspecte que la réalité.
On perçoit le monde différemment avec un marteau à la main : tout devient clou. Tout devient planche de bois. Tout devient appréhension de la douleur à venir sur le pouce martelé.
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On est entré dans une zone de chocs. Phénomène des foules, mais infimes, infiniment houleuses.
Les yeux fermés, on a des visions intérieures.
Des milliers et des milliers de points microscopiques fulgurants, d’éblouissants diamants, des éclairs pour microbes.
Des palais aux tourelles innombrables, qui filent en l’air sous une pression inconnue. Des arabesques, des festons. De la foire. De l’extrémisme dans la lumière qui, éclatante, vous vrille les nerfs, de l’extrémisme dans des couleurs qui vous mordent, vous assaillent, et brutales, blessantes, leurs associations.
Du tremblement dans les images. Du va-et-vient.
Henri Michaux, L’Infini turbulent (1957)
Chambre dont on a perdu la clé le jour même où l’on appris qu’elle existait ; miroir qui se ternit sous le premier regard qu’il reçoit ; fruit qui pourrit dès l’instant où la main se tend pour le cueillir — corneille dont les ailes se brisent à l’instant même de son plus beau chant : autant d’images qui se fixent quand je cherche à désigner la pensée (l’émotion) de ce jour — et à cerner l’obsession, je ne fais que des cercles qui s’éloignent du centre, s’élargissent en ondes concentriques qui finissent par dessiner à rebours le jet d’une pierre dans un lac immobile, chaque cercle plus faible que le précédent jusqu’à ce que la surface retrouve son calme et que plus rien ne témoigne de rien.
Écrire pour faire le point : non, l’agrandir, ou chercher ce qui le déplace. Écrire pour tirer le point vers où il pourrait devenir autre chose — objets compacts, trous noirs, régions de l’espace-temps où la courbure devient si intense qu’elle piège la lumière. L’horizon des événements : cette frontière invisible au-delà de laquelle rien ne peut plus s’échapper, rayon de Schwarzschild où le temps se dilate infiniment. Voilà ce que cherche écrire : non fixer le sens mais tracer ces lieux de passage, portails par où le temps et l’espace deviennent autres, où la pensée subit la courbure fatale qui l’attire vers ce qu’elle ne peut plus nommer.
L’en-deçà du réalisme : territoire où le réel est tenu à distance autant qu’en joue. On pourrait faire feu, on attend. Il se met à genoux dans la poussière, supplie avec des mots qu’on ne comprend pas, pleure presque, et on lui tourne le dos en riant (sentir qu’il se jette sur nous, le couteau qui cherche les reins).
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Pantin, Aubervilliers, prodige
De la Chimie et de ses jeux,
Voici venir la brise, dis-je,
La brise aux sursauts courageux…
Verlaine, « En septembre »
L’Empereur entre dans Moscou déserte à quatorze heures, soixante ans plus tôt ce même jour, l’Angleterre bascule soudain dans le calendrier grégorien — le 2 septembre devient 14 à minuit, onze jours avalés d’un seul trait, le temps bondit et emporte tout —, et puis, même jour, naît Amy Winehouse, presque aussitôt (vingt-sept ans plus tard) avalée aussi ; Haroun al-Rashid devient calife de Bagdad, la ville crie son nom, Charlemagne croit l’entendre, mais non, ce n’était qu’un enfant qui jouait, j’entends moi aussi son cri qui me parvient de la fenêtre — le quatorze septembre porte les autres, comme chaque jour de chaque vie, le temps qui fait semblant d’organiser le chaos pour mieux nous confondre et nous abolir.
Et puis, voilà qu’après l’automne d’hier, le grand ciel d’été — septembre flotte dans l’incertain. Dans cette suspension, les temps s’arrachent de leur solitude, viennent se heurter comme l’orage la montagne, où le fracas vient après la lueur. L’urgence monte depuis le sentiment océanique de la saison, cette vastitude de septembre qui hésite entre les eaux. Le monde est bien sûr atroce — dispose-t-on d’autres mots ? — mais dans cette indécision de l’air, quelque chose. Les saisons qui perdent pied, l’Histoire qui ne reconnaît plus ses dates, et septembre qui oublie son nom entre douceur et brise d’automne. Dans cette ignorance, peut-être.
D’autres quatorze septembre complotent dans le brouillard devant nous : et serai-je là pour les voir ? Un quatorze septembre qui ne portera pas ce nom dans une civilisation autre, sous d’autres cieux comptés autrement.






