des chantiers qui s’ouvrent
13 septembre 2009



Prendre ses distances ; déterminer les priorités : parmi elles, cerner les contours des plus importantes ; ouvrir les chantiers comme sur une carte chercher les endroits vierges, désirables, possibles ; avancer avec lampe frontale et pioche ; heurter ses propres convenances ; déchirer ses peaux mortes.

Et quand on a fini, éliminer encore : les taches superflues et les habitudes si pesantes comme de trop grands habits qui empêchent.

On regarde en face la lumière, on lui trouve des corps qui s’interposent entre elle et le regard : et ce qu’on va chercher, en traçant le contour des corps, c’est la trajectoire de la lumière. Ruse que j’adopte ce jour parce que je n’en connais pas d’autre pour ne pas être trop ébloui, aveuglé finalement : et pour mieux voir ce que la lumière projette d’ombres de son propre corps avançant, cherchant l’ombre d’autres corps.

Des chantiers qui s’ouvrent, non pas les aborder successivement dans l’arbitraire du caprice, mais ensemble parce que l’un ne pourrait se concevoir sans les autres, et se mener. Ce qu’on emporte avec soi d’inconnu dans ses taches est tout à la fois la raison et l’objet de ces marches.

arnaud maïsetti - 13 septembre 2009

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