Herrou & Paringaux | Bruxelles Plic Ploc
19 février 2010




Troisième texte dans la collection Arts et Portfolio de Publienet que je coordonne avec Jérémy Liron : à voir sur le site de Publie.net - pour s’abonner ou pour vous procurer l’ouvrage (numérique)...


BRUXELLES PLIC PLOC, LAURENT HERROU & JEANPIERRE PARINGAUX.
PDF écran et eBook (Sony/iPhone), 31 pages.
ISBN 978-2-8145-0306-9.
Les premières pages à feuilleter librement ci-dessus.
Téléchargement texte intégral 5,50 euros.


Le projet de la collection obéit depuis le début au désir de confronter le travail d’un plasticien avec celui d’un écrivain : jouer l’articulation d’un regard avec la parole ; prendre le parti du frottement contre celui de l’illustration, dispositif de circulations au risque de la porosité, et faire naître des hasards les plus belles correspondances.

Le travail que nous proposent l’écrivain Laurent Herrou et le photographe Jeanpierre Paringaux possède pour lui l’évidence d’une telle correspondance, parce que leur projet y est ici de part en part, et depuis quelques années, échange. Si chacun possède ses singularités, leur articulation joue l’un pour l’autre, en diffusion : les deux artistes travaillent l’un avec l’autre, c’est-à-dire aussi l’un contre la forme de l’autre, miroitement intense de l’image sur son écriture, et de l’écriture en regard de l’image.

Journal tenu lors d’une résidence à Bruxelles — la ville devient la plaque impressionnante où se réfléchit cette articulation : de la ville, on dira peut-être qu’elle finit par devenir le lieu de la rencontre, en point de fuite qu’on n’atteindra jamais. Est-ce que l’image est l’espace projeté dans lequel les textes se recueillent en précipices intimes ? ou leur conscience même, l’intériorité de ces fragments de journal, qui disent au jour le jour les lectures (Sagan) les rêves (ses peurs), les désirs (dans ses douleurs les plus profondes, les plus extrêmes) et les joies qui accompagnent le passage des jours ?

Mais la dialectique intérieur/extérieur est illusoire ici, parce qu’aucune secondarité ne fait fonctionner la machine désirante qu’est Bruxelles Plic Ploc — les deux formes ne cessent de questionner leur rapport : rapport sensible, rapport de force comme en l’autre trouver ses propres questions, rapport de faiblesse aussi, en ce que l’objectivité que ne cesse de renvoyer le monde ne suffit pas, n’est jamais suffisante en regard de la question qu’on lui adresse.

Devons-nous (me) déconstruire ensemble — comme je le fais seul de l’écriture, depuis tellement d’années — pour que j’aie une chance de (re)vivre ?

Solitudes essentielles qui s’affrontent au geste de montrer le monde, de le dire ; solitudes qui trouvent en elles-mêmes la possibilité de se rejoindre.

Arnaud Maïsetti

image de Estelle Petit

Laurent Herrou est l’auteur de trois romans (dont Je suis un écrivain, sur Publie.net) et de textes autofictifs dans plusieurs collectifs (Ecritures, la Rue Saint-Ambroise, Arès…).

Son travail avec le photographe Jeanpierre Paringaux s’écrit au quotidien sur le blog L’emploi du temps
 ; il a donné lieu à plusieurs publications (extraits dans la revue Pylône, L’emploi du temps à New York sur Publie.net).

On peut retrouver les photographies de Jeanpierre Paringaux sur son site, dans les revues Ninja et Hétéroclite et chez l’écrivain Jérôme Bonnetto.

Les textes et photographies de Bruxelles Plic Ploc ont été réalisés lors d’une résidence à Passa Porta, Bruxelles, en novembre 2009.


mise en page et conception graphique du livre : Jérémy Liron






arnaud maïsetti - 19 février 2010

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