La Ville écrite | personne — dommage
8 novembre 2012



Pour une fois, l’heure tombe juste à chaque minute. Personne, non, vraiment personne, pour répondre, ici. Mais si le téléphone sonnait, est-ce que cela annulerait le mot, la supplique, la prière ? J’attends. Rien, rien d’autre que l’inscription qui continue d’être là, à attendre. Autour, il n’y a que moi. Ce pourrait être moi, l’auteur de la phrase. Mais le téléphone, non, je n’aime décidément pas. Encore moins les cabines. Il faudrait écrire sur les murs aussi : je t’ai attendu. Et noter l’heure (mais pas le jour). Et revenir (à des heures différentes). Il y avait autrefois ce rêve de dessiner sur le sol des cadrans solaires imaginaires. Il y a désormais cet autre d’inscrire sur des cabines téléphoniques toutes les heures du cadran. Avec ce mot : dommage. Dommage pour qui ? Pour celui qui a attendu, ou celui qui n’a pas appelé ? Pour celui qui se tient devant cette question, oui. J’ai décroché, la cabine fonctionnait. C’était cela, peut-être, pour moi, le plus incompréhensible.


arnaud maïsetti - 8 novembre 2012

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