un rêve #96 | ma route
21 février 2010



Un rêve : tout se passe dans une double vitesse, paradoxale mais qui me semble évidente : autour, impression que les choses sont accélérées, mais mon corps évolue au ralenti, et la pensée qui se saisit de ce qui m’entoure retient chaque seconde comme une heure — je suis, dans la rue, moins dans le temps avec lequel le réel me parvient, que celui dans lequel je le rejoins (sensation que jamais je ne finirai par le rejoindre) : et du ciel la respiration entre chaque battement de cœur : il pleut si fort : il y a ce type qui à dix mètres de moi avance au rythme de chaque goutte.

Un mètre de plus : le rêve coupe au milieu du plan : la seconde d’après mesure le mètre de plus et le type est deux mètres en avant : non-jonction du temps et de l’espace, et moi, impossible de bouger (chaque mouvement de mon corps pèse des tonnes) : le rêve progresse dans l’avancée du type — chaque seconde, un morceau de ciel de plus tombé auprès de moi : rien ne pourrait m’atteindre, mais pourtant. Le type est à cinq mètres, il se dirige vers moi et serait capable de me demander quelque chose.

Une autre seconde : le type est derrière moi, ne m’a rien demandé, et j’éprouve en moi le manque de sa question : oui, sûr qu’il s’était dirigé vers moi ; pour me demander la route ? Mais je ne connais pas cette ville. Peut-être l’a t-il vu dans mon visage, dans ma lenteur ? Je me retourne pour, moi, lui demander mon chemin : il a déjà traversé et la pluie s’est arrêtée de tomber.

arnaud maïsetti - 21 février 2010

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